Écriture :
Éphésiens 2:3 : « Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre nature propre, accomplissant les volontés de la nature humaine et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres. »
Versets d’appui :
Jean 3:36, Romains 1:18, Romains 5:9
MÉDITATION
« Je n’ai pas fait exprès. »
« C’était une erreur. »
« Je ne sais pas ce qui m’a pris. »
« C’est arrivé, je ne sais pas comment. »
Depuis l’enfance nous prononçons ces phrases. Nous cherchons à nous dédouanner, sinon nier, du moins justifier nos actes, feindre l’innocence, l’inconscience, prétendre l’absence de mauvaises intentions, affirmer qu’il ne s’agit que d’une erreur. Elles ont toutes un point commun : elles dissocient l’acte de la personne. Le péché devient un incident, quelque chose d’extérieur qui nous est « arrivé ».
Mais Paul refuse cette échappatoire. Dans Éphésiens 2:3, il dresse un portrait complet de l’homme avant Christ avec deux volets indissociables : ce que nous faisions et ce que nous étions.
Ce que nous faisions
« Nous vivions selon les convoitises de notre chair. »
La chair, dans l’Écriture, ne désigne pas simplement le corps ou les instincts physiques. Elle décrit l’être humain centré sur lui-même, autonome, guidé par ses désirs plutôt que par Dieu. Vivre selon la chair, ce n’est pas nécessairement vivre dans des excès visibles ou scandaleux. C’est vivre selon ses propres critères, ses propres priorités, ses propres raisonnements, sans référence réelle à la volonté de Dieu.
L’homme respectable qui bâtit sa vie sur son ambition personnelle vit selon la chair. La femme dévouée à sa famille mais qui n’a aucune place pour Dieu vit selon la chair. L’étudiant sérieux qui planifie son avenir sans jamais consulter son Créateur vit selon la chair. La chair n’a pas toujours l’air rebelle. Parfois, elle porte un costume et une cravate.
Mais Paul va plus loin : « accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées »
« accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées »
Le péché ne se limite pas aux actes. L’intelligence est impliquée. Nos raisonnements, nos justifications, nos choix apparemment logiques, sont nourries par cette hostilité à Dieu. En effet, au-delà de ses actes, l’homme sans Dieu peut être cultivé, moral, brillant, mais il pense selon une logique qui exclut Dieu.
On comprend pourquoi la Parole de Dieu nous incite à renouveler notre intelligence. Elle nous incite aussi à amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ.
Ce que nous étions
Paul précise encore : « Et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres. »
Il n’est plus question de comportement, mais de condition. Certes, nos actes étaient corrompus mais notre état devant Dieu aussi.
Par nature. Le mot grec phusis désigne ce que nous sommes fondamentalement, essentiellement, dès la naissance. Un poisson est par nature aquatique. Un oiseau est par nature aérien. Et l’homme sans Christ est par nature… sous la colère de Dieu.
Cette colère n’est pas un accès de rage incontrôlée. Le mot « colère » — orgē en grec désigne l’opposition juste, sainte et constante de Dieu contre tout ce qui viole sa nature parfaite. Un juge qui ne s’oppose pas au crime n’est pas un bon juge. Un médecin qui tolère le cancer n’est pas un bon médecin. Un Dieu qui ferme les yeux sur le mal n’est pas un Dieu juste.
Paul termine ainsi :
« comme les autres ».
Paul ne désigne pas une catégorie particulière de grands pécheurs. Il englobe toute l’humanité, Juifs comme païens, religieux comme rebelles. Tous partageaient la même condition, marchaient dans la même direction et étaient concernés par le même verdict.
La colère demeure
Ainsi, ceux qui ne sont pas en Christ sont toujours sous la colère de Dieu. Dans Jean 3:36 il est question du sort de celui qui ne croit pas et il nous est dit ceci : « La colère de Dieu reste sur lui » Le verbe grec menō est au présent continu. Cette colère n’est pas future. Elle n’attend pas le jour du jugement pour commencer. Elle demeure actuellement sur chaque personne sans Christ.
Des millions de personnes vivent aujourd’hui sous cette colère sans le savoir. Elles se croient dans une zone neutre. Elles pensent que Dieu est indifférent, qu’Il comprendra, qu’elles régleront cette question plus tard. Mais il n’existe pas de zone neutre. La colère demeure, pendant qu’elles vivent selon la chair.
Le portrait complet
Voilà donc le tableau que Paul dresse de la condition de l’être humain sans Christ :
- Pécheurs universels, privés de la gloire de Dieu (Jour 1)
- Morts spirituellement (Jour 2)
- Sous domination spirituelle (Jour 3)
- enfants de colère par nature (Jour 4)
La croix prend tout son sens
Voici donc la bonne nouvelle de l’Évangile. Romains 5:9 annonce : « Nous serons sauvés par lui de la colère. »
Dieu n’a pas ignoré sa colère. Il ne l’a pas minimisée. A la croix, elle a été entièrement déversée sur Christ. Lui qui n’était pas par nature enfant de colère est devenu malédiction pour nous. Il a absorbé ce qui nous était destiné. C’est là que l’amour et la justice se rencontrent.
Et nous qui avons été arrachés à cette condition ? Nous connaissons des gens qui vivent encore dans cet état. Ils font ce que leur chair désire. Ils pensent selon une logique sans Dieu. Et ils sont enfants de colère sans le savoir. Allons-nous leur dire ?
PRIÈRE
Père, je ne veux pas édulcorer ton Évangile. Aide-moi à comprendre la réalité de ta colère juste contre le péché — non pour condamner les autres, mais pour mesurer pleinement ce dont Christ m’a sauvé. Pendant ce jeûne, que la réalité de cette colère qui demeure sur les perdus crée en moi une urgence sainte. Donne-moi le courage de présenter l’Évangile complet — le danger ET la délivrance. Au nom de Jésus, amen.
QUESTIONS DE RÉFLEXION
- Suis-je tenté de présenter un Évangile « adouci » qui évite de parler de la colère de Dieu ? Pourquoi ?
- Comment la réalité de la colère de Dieu rend-elle la croix plus précieuse à mes yeux ?
CONFESSION DU JOUR
« Je comprends que sans Christ, les gens ne sont pas ‘neutres’ devant Dieu mais sous sa colère — et cette vérité me motive à proclamer la réconciliation. »







